En 2026, nous avons accueilli...

Pierre Lokeka et Aline Mihigo Feza 

Au mois de juin, notre région des Pays de la Loire a célébré la venue de Pierre Lokeka et d'Aline Mihigo Feza arrivant tous deux de République Démocratique du Congo. Le centre Kitumaini, dont Pierre est le directeur, soutient les activités et la structuration de la SOFEPAGRI, une coopérative regroupant plus de 2 000 agricultrices. Malgré le conflit qui frappe la région du Kivu, les agricultrices de cette coopérative poursuivent leur travail de production de café. Une centaine d'agricultrices de la SOFEPAGRI produisent le café qui est par la suite collecté par la Tumaini Coffee Cooperative fondée par Aline. 

Pendant que Pierre informait des partenaires techniques et financier d'Afdi Pays de la Loire des différentes actions menées sur le terrain, Aline rencontrait des professionnels du café éthique en Pays de la Loire pour promouvoir le café du Kivu et travailler à la création de partenariats économiques. 

Un temps fort de leur séjour : l'audition de Pierre à l'Assemblée Nationale à Paris devant le groupe Amitié France-RDC. En cette occasion, Pierre a appelé la communauté internationale à poursuivre ses efforts diplomatiques en faveur de la paix. 

 

 

Safwen Sendi

En avril, une mission d'échange entre jeunes professionnels agriculteurs français et tunisiens s'est déroulée grâce à la venue de Safwen Sendi, directeur de l'AJA (Association des Jeunes Agriculteurs) et membre de l'UTAP (Union Tunisienne de l'Agriculture et de la Pêche). 

Au cours de son séjour, Safwen a eu l'occasion de participer au Conseil d'administration des JA Pays de la Loire, de rencontrer de Jeunes agriculteurs vendéens sur leurs exploitations et de vivre des rencontres techniques notamment avec Dalival, filiale de Terrena. 

Cette mission a permis de renforcer les liens entre les réseaux agricoles français et tunisiens, de favoriser les échanges de savoir-faire et d'ouvrir de nouvelles perspectives autour de l'innovation, du renouvellement des générations et de la gestion durable de l'eau. 

 

 

Asma Mliki et Mariem Sendi

En janvier, nous avons accueilli deux membres de l'AJA pour une mission d'accompagnement et de clôture comptabilité. L'objectif étant de permettre à nos partenaires de disposer d'outils de gestion fiables et pérennes. 

En parallèle de cette mission comptable, leur venue a été l'occasion d'une présentation de l'exposition-photos Terres d'espoir auprès de publics scolaires. 

Des visites d'exploitations agricoles ont également été programmées donnant lieu à de beaux partages de pratiques agricoles. 

 

En 2025, nous avons accueilli...

Marie Aguewe et Germain Dossou

Fin novembre, les départements de Maine-et-Loire et de Loire-Atlantique ont reçu une délégation de l’Association Nationale des Femmes Agricultrices du Bénin (ANAF). Forte de 205 000 membres, l’ANAF travaille pour que les femmes accèdent à des droits et à des conditions de vie dignes dans le secteur agricole. 

Au programme de cette visite : rencontre de différentes exploitations (volailles et céréales, maraîchage biologique, élevage bovin et caprin avec transformation à la ferme), intervention de nos hôtes sur l'agriculture béninoise et les enjeux d'égalité devant de futurs ingénieurs agronomes de l'ISTOM et plusieurs échanges avec des responsables professionnels et des élus régionaux. 

Au gré des discussions, une conviction s’est imposée : l’agriculture peut être un formidable levier d’émancipation pour peu que les femmes et les hommes y soient pleinement associés. 

 

 

 

Bio Garado et Nourenou Djibril


Du 25 au 28 juin 2025, Afdi Pays de la Loire a eu le plaisir d’accueillir deux représentants de la Fédération Nationale des Producteurs de Semences du Bénin (partenaire d’Afdi Nationale) : Bio Garado, président, et Nourenou  Djibril, directeur.
L’objectif de ce séjour était de faire découvrir l’organisation de la filière semences en Maine-et-Loire, depuis la sélection variétale jusqu’à la commercialisation. Un programme de visites, encadré par Michel Brossier et Alexis Lespagnol, deux nouveaux bénévoles d’Afdi, a permis d’illustrer les articulations entre sélection, production, contrôle qualité et distribution.

Des rencontres ont eu lieu avec plusieurs types d’acteurs : une entreprise (Limagrain), une coopérative (Cérience, filiale semences de Terrena), ainsi qu’avec la Chambre d’Agriculture Maine-et-Loire représentée par son président  Denis Laizé, producteur de semences biologiques pour Limagrain. Cette immersion a permis d’enrichir les réflexions de la FNPS-B sur le développement de la filière semencière au Bénin et de poser les premiers jalons d’une potentielle coopération entre nos deux territoires, notamment au travers d’une rencontre avec les élus de la commune de Loire-Authion.

 

En 2024, nous avons accueilli...

Amsa Mliki,

Jeune ingénieure agronome, cheffe d’entreprise (productrice de moringa), et trésorière de l’AJA (Association des Jeunes Agriculteurs, de Gafsa - Tunisie), voici son témoignage :

« Quand il s’agit de prendre des décisions, nous les femmes sommes peu visibles. Mais nous sommes présentes, autrement, dans l’ombre, via les dialogues, la mobilisation entre femmes puis nous influençons nos maris, nos frères… Mais il reste des sujets où notre position est très compliquée.

Par exemple, les femmes n’ont pas ou peu accès à la terre, elles laissent leurs parts d’héritage à leurs frères. L’AJA fait chaque année des sensibilisations pour inciter les femmes qui ont un projet agricole à revendiquer leur dû. L’une de nos membres a eu le courage de le faire. Nous l’avons encouragée dans son projet et aujourd’hui elle s’en sort bien. Malheureusement, depuis 2 ans elle n’a plus de relation avec sa famille, elle est exclue.  Sans l’AJA en soutien, elle n’aurait jamais pu s’affranchir de sa famille et faire de l’agriculture à son compte.

J’ai 3 sœurs et 1 frère. Ce dernier va hériter de toutes les terres de notre père. J’en aurais pourtant besoin pour développer ma production de moringa, mais je ne vais pas revendiquer ma part d’héritage à laquelle j’ai droit (selon la loi islamique reprise par notre législation). Si je prends ma terre, mon frère en aura moins. Et donc je risque de mettre en danger la survie économique de son foyer. Chez nous, les hommes doivent assumer l’ensemble des dépenses du ménage : l’éducation, la santé,  le logement, l’alimentation, l’habillement des enfants et de la femme. Même si la femme travaille, elle n’est pas obligée de contribuer aux charges de la maison. Donc si je réduis la surface dont dispose mon père pour nous nourrir, mon frère arrivera-t-il à nourrir son futur foyer? Pour l’instant il est encore jeune et passe beaucoup de temps dans les cafés. Si je vois qu’il ne devient pas responsable, alors je n’hésiterai pas à revenir sur ma décision. 

En principe, c’est mon mari qui doit hériter des terres de sa famille et me permettre de cultiver mon moringa. Mais tant que je n’aurai pas « produit » un héritier, ma belle famille ne veut pas prendre le risque de donner en héritage des terres que je risque de récupérer à terme. Comme dans beaucoup de sociétés, nous sommes réduites à un rôle reproductif et nourricier. A nous revient la charge de cultiver pour la consommation familiale et faire la cuisine. C’est pourquoi le travail dans les champs de la famille, excepté le travail trop physique, revient aux femmes. 70% des travaux champêtres en Tunisie sont réalisés par les femmes. Quand le travail est familial, il est bien sûr non rémunéré, invisible. Avec l’AJA nous cherchons à le rendre visible et à donner aux femmes la place qu’elles méritent dans le secteur agricole. »

 

En 2023, nous avons accueilli...

Ben Khalid KY

Le jeune agriculteur burkinabè a sillonné les cinq départements des Pays de la Loire pour découvrir notre agriculture et échanger avec les jeunes agriculteurs d’ici.

L’agriculture et l’élevage apparaissent comme des métiers peu attrayants et peu rémunérateurs au regard du capital social ou scolaire en constante progression pour les jeunes en Afrique, et notamment au Burkina Faso.

Le témoignage de Ben Khalid sur les jeunes dans l’agriculture de son pays est pourtant encourageant : «Les jeunes commencent à s’intéresser à l’agriculture  mais  on ne  va plus travailler comme  nos parents ; nous voulons produire pour nous nourrir, mais pas seulement. Nous avons une approche plus économique : produire et gérer l’excédent c’est ça notre objectif. Notre Union Provinciale des Professionnels agricoles du Nayala encourage l’installation des jeunes. Chaque agriculteur membre de notre union doit intégrer au moins un jeune sur son exploitation, pour que la relève soit dynamique. Dans notre région, l’accès à la terre n’est pas un problème et notre union accompagne le jeune qui veut s’installer à voir plus loin, se professionnaliser, découvrir de nouvelles méthodes et acquérir de l’expérience. Afdi nous accompagne en ce sens,  soutien indispensable pour l’insertion durable de nos jeunes dans l’agriculture. »

 

Si certains jeunes ruraux burkinabè souhaitent accéder à d’autres types d’emploi, d’autres restent attachés à l’agriculture, au travail de la terre comme à l’élevage. Les jeunes ruraux exercent plusieurs métiers, font des allers-retours en ville pour s’assurer un meilleur revenu, et l’agriculture se fait souvent en famille. Les jeunes sont des agriculteurs bien différents de ceux qu’ont été leurs parents. Ils mobilisent de nouveaux réseaux, de nouveaux capitaux, saisissent chaque opportunité. Les jeunes réinventent sans cesse de nouvelles façons de composer entre réseau familial et réseau professionnel, entre agriculture et emplois non agricoles, entre ville et campagne, entre monétarisation et entraide.

Les jeunes Africains sont acteurs des transformations des normes sociales et des changements économiques du monde rural. Ils participent au renforcement des échanges et des liens entre les villages et les villes. Si la ville apparaissait, il y a encore quelques décennies, comme le vecteur de la modernité et du changement social, aujourd’hui ce n’est plus vrai partout et l’avenir d’une grande partie des jeunes se construit en milieu rural.

 

 

 

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